Depuis des décennies, pas moins de 21 accords bilatéraux, parfois très restrictifs, régissaient ces liaisons sans escale. Six pays n'avaient tout simplement pas le droit de proposer des vols transatlantiques directs depuis leur sol.
Bon pour les passagers
Tous ces particularismes ont été balayés dimanche par l'accord "ciel ouvert", négocié d'arrache-pied pendant quatre années entre Bruxelles et Washington. Pour le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot, il s'agit d'une véritable "révolution dans le ciel transatlantique" qui promet "d'intensifier la concurrence et de faire baisser les prix".
Glen Hauenstein, vice-président de la compagnie américaine Delta Airlines, estime que l'accord sera "bénéfique" pour les consommateurs. "Davantage de compétition apportera un service meilleur, des tarifs plus bas, plus de destinations et de fréquences", a-t-il promis. Avec l'entrée en vigueur de l'accord, les voyageurs disposeront de 8% de vols directs supplémentaires d'ici à fin juin.
Marché juteux
Le marché est de taille: les vols transatlantiques entre les deux continents représentent 60% du trafic aérien mondial avec 50 millions de passagers annuels, auxquels 25 millions de passagers supplémentaires pourraient s'ajouter dans les cinq ans. Les analystes du secteur écartent une subite guerre des prix, mais ils prédisent une baisse des tarifs pour les voyageurs d'affaires au départ du lucratif aéroport londonien de Heathrow, où se sont déjà ruées six nouvelles compagnies.
Air France y exploitera ainsi dès lundi l'accord "ciel ouvert", avec un vol inaugural Londres-Los Angeles. Jusqu'alors, les compagnies européennes pouvaient uniquement effectuer des liaisons sans escale vers les Etats-Unis depuis leur pays d'origine: Air France était cantonnée à la France et Lufthansa à l'Allemagne. Quelques pays --l'Irlande, l'Espagne, le Royaume-Uni, la Grèce et la Hongrie-- devaient de surcroît s'astreindre à un nombre limité de vols, de villes ou de compagnies.
afp/cab