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Dernière mise à jour : 6 octobre 2009 à 22:39

Les affiches de l'UDC ne pourront pas être placardées en ville de Bâle. Les affiches de l'UDC ne pourront pas être placardées en ville de Bâle.   [Keystone]

Minarets: les affiches de l'UDC interdites à Bâle

Une affiche des partisans de l'initiative populaire contre les minarets, en votation le 29 novembre, fait déjà grincer des dents en Suisse même. La jugeant raciste, Bâle-Ville l'a interdite dans les rues et les espaces publics situés sur son territoire. Genève et Lausanne trancheront mercredi.

L'affiche litigieuse représente une femme voilée à côté d'un drapeau suisse transpercé par des minarets. Les initiants comptent la placarder dans deux semaines dans plusieurs villes du pays. Mais les choses pourraient être plus compliquées que prévu.

Bâle-Ville a posé son veto sur la base d'une disposition légale prohibant les affiches qui propagent des idéologies racistes et qui hiérarchisent les groupes de population en fonction de caractéristiques ethniques, religieuses, culturelles ou physiques, a justifié le porte-parole de la direction cantonale des constructions, André Frauchiger, confirmant une information parue mardi dans le Bund et le Tages-Anzeiger.

Décisions mercredi

Cette affiche ne suscite pas seulement des critiques sur les bords du Rhin. A Lausanne, le municipal Olivier Français va demander mercredi à ses collègues de l'interdire dans la capitale vaudoise. «Ça suffit. Il faut stopper cet excès de provocation», a-t-il déclaré à l'ATS. Idem à Genève, où le Conseil administratif doit également décider mercredi d'une éventuelle interdiction de cette affiche. Son maire y est clairement favorable.

L'affiche constitue une atteinte à la liberté religieuse, a dit Rémy Pagani à l'émission «Forum» de la RSR. Il est du devoir des autorités de mettre un rempart face aux dérives possibles. A elles aussi de rappeler certaines valeurs comme le respect des minorités, a précisé le maire de Genève.

Expertise attendue

Berne, Zurich, Winterthour et Lucerne envisagent aussi une telle interdiction. Avant de se prononcer, ces villes attendent une expertise de la Commission fédérale contre le racisme sur le caractère raciste ou non de l'affiche. Le document, qui pourrait être présenté mercredi, incluera également l'avis d'organisations internationales de défense des droits de l'homme.

Contrairement à Bâle, les grandes villes ne disposent pas toutes d'une base légale ad hoc. Ainsi, Berne, Zurich et Winterthour ont simplement conclu un contrat avec la Société générale d'affichage (SAG) qui interdit la publicité blessante ou discriminatoire. La SGA assure qu'elle respecte les directives des villes. «Cela est aussi dans notre intérêt, car nous ne voulons pas faire d'entorse au droit», a souligné son porte-parole Sascha Hardegger, faisant allusion en particulier au principe de l'interdiction de discrimination.

Annonces dans la presse

Les journaux ne sont pas non plus très chauds. Le groupe de presse Ringier a annoncé qu'il ne publierait pas les annonces en faveur du «oui» à l'initiative anti-minarets telles que conçues actuellement. L'image qui accompagne l'annonce fait l'amalgame entre l'islam, les minarets et la violence, a déploré le porte-parole du groupe de presse Stefan Hackh.

Pour sa part, l'autre groupe zurichois, Tamedia, laisse à chaque publication le soin de décider. Ses plus grands titres (»TagesAnzeiger», «20 Minuten, «Bund», «Berner Zeitung») ont décliné la publicité prônant le «oui» le 29 novembre.

L'interdiction prononcée par Bâle-Ville suscite la colère du comité d'initiative. Son président, le conseiller national Walter Wobmanm (UDC/SO), y voit «une décision purement arbitraire venant de la gauche» et une atteinte à la liberté d'expression. Il pense néanmoins que la situation pourrait avoir du bon en créant la sympathie de la population.

Lundi, ce sont des encarts publicitaires publiés dans la Tribune de Genève qui ont provoqué un tollé en France. L'UDC y invitait les Genevois à refuser la réalisation de la ligne du CEVA pour éviter la venue de "la racaille" d'Annemasse. Le maire de la commune française va porter plainte contre l'UDC.

ats/cht