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vendredi, 14 mars 2008 � 13:07
Ada Marra
Ada Marra   [© RSR - Julie Evard]

En savoir plus sur Ada Marra

Chaque semaine, retrouvez - en complément des épisodes du Feuilleton diffusés à l'antenne - la biographie de nos invités ainsi qu'un questionnaire dans lequel ils lèvent un coin du voile sur leur personnalité et leur intimité, ou encore sur leurs références ou bonnes adresses...

LA BIOGRAPHIE

Ada Marra est née le 10 mars 1973 à Lausanne. Quelques secondes avant son frère Luigi.

Fille d'immigrés italiens, elle a notamment de l'Italie son prénom. Ada est le diminutif de Addoloratta, soit endolorie ou Notre-Dame pleine de douleurs.

Un prénom prédestiné ? Certainement pas. Ada Marra est pleine de vie et d'envies.

Le goût du livre

Ada Marra grandit à Paudex, dans le canton de Vaud, entourée de ses parents, de son frère jumeau et son frère aîné. Elle grandit dans une famille italienne où l'on parle français et le dialecte des Pouilles. À la maison il y a beaucoup de monde et de bruits. Comme dans toutes les familles du Sud. Peu de place donc pour l'intimité. Ce n'est pas grave. Ada est une enfant rêveuse. Dès son plus jeune âge, elle goûte au plaisir des mots. Tout y passe : de la bibliothèque rose en passant par Arlequin, pour enfin, se plonger à 11 ans dans des lectures comme Maupassant ou Balzac.
Le goût de la littérature Ada l'a toujours en elle. 24 ans plus tard, elle est présidente de l'association romande « Lire et Écrire ». Une association qui lutte contre l'illettrisme.

Inutile de le préciser, Ada a toujours aimé l'école. Elle a d'ailleurs toujours eu une certaine facilité. Son cursus scolaire, suivi entre Paudex, Pully puis l'Université de Lausanne, s'est déroulé sans aucun obstacle. Ada Marra se définit même comme une élève studieuse. « J'ai toujours aimé faire mes devoirs ». La question ne se posait d'ailleurs pas. « Je ne contestais pas l'autorité... à l'époque ».
Aujourd'hui, le refrain a quelque peu changé. Non pas dans l'envie de découvrir et d'apprendre, mais dans son rapport aux autres. Et à l'autorité plus particulièrement. « Elle n'est pas innée. La hiérarchie ne m'impressionne plus. À présent, je ne respecte que l'autorité méritée », conclut la jeune conseillère nationale.

L'engagement

Ada Marra siège au Conseil National à Berne depuis le mois de décembre dernier. Elle fait partie de la nouvelle génération de politiciens. Son engagement est entier. Un engagement qui ne date pas d'hier. Son intérêt à la chose politique s'est manifesté très tôt chez cette Italienne d'origine.
À 12 ans déjà, Ada adorait regarder les hommes politiques débattre à la télé. Elle garde un souvenir vivace de François Mitterand. « Je trouvais que ça parlait bien, que ça allait vite, qu'il y avait des idées. Les débats m'attiraient réellement. »

Un attrait qui se mue bientôt en un engagement personnel. Sur les bancs de l'Université à Lausanne, où elle étudie les Sciences politiques, Ada défend déjà la veuve et l'orphelin. Avec des associations universitaires, elle se bat. Pour les bourses, pour la démocratisation des études. Des thèmes toujours sociaux. Car elle tient en horreur l'injustice. « C'est peut-être mon côté fille d'immigrée qui a développé cela chez moi. Personnellement, je n'ai jamais connu d'injustice, mais il y a eu des comportements, des regards vis-à-vis de mes parents, notamment chez les médecins, qui en disaient longs. Il y avait une sorte d'infantilisation de l'étranger que je ne supportais pas. »
Et d'ajouter : « Je me sens d'être utile aux malheurs des autres. Attention, je ne me sens pas exister parce que j'aide, mais le vrai bonheur c'est le partage avec les autres. Les autres sont plus intéressants que soi même. »

Adhésion au PS

En sortant de l'Uni, Ada se dit que pour changer le monde, il faut être dans un collectif. « Toute seule, ce n'est pas possible ».
Elle a 25 ans. Et elle adhère au Parti socialiste. Non sans avoir lorgné du côté de l'extrême gauche au préalable, bien sûr. « Je me suis sentie plus en accord avec la philosophie du PS. Une philosophie plus proche du peuple. »

Un an plus tard, elle devient secrétaire générale du parti socialiste vaudois. Une fonction qu'elle occupera avec brio durant 7 ans. « La meilleure secrétaire générale » dit d'elle Pierre-Yves Maillard.
Et par civisme, encore, elle décide de demander la naturalisation suisse. « Impensable de ne pas pouvoir voter. » Elle l'obtient en 1998.

Après son passage remarqué au secrétariat du PS, Ada fait un passage éclair à l'UNES (Union des étudiants de Suisse).
Un passage éclair d'un an et demi. « Je voulais construire un grand mouvement d'étudiants, mais je n'ai pas réussi, donc je me suis tirée. »
Elle trouve son travail trop administratif et gestionnaire, pas assez réactif. « Les mouvements militants et critiques d'étudiants au fond, n'existent plus tellement. »

Politique et religion

Ce n'est pas grave. Une pirouette plus tard, Ada Marra se retrouve propulsée au Conseil national, au Palais Fédéral.
Hormis du bénévolat à l'association « Lire et Écrire » et à celle de « Mère Térésa », Ada Marra décide de se consacrer à son mandat politique à 100%. Une vie qui a bien failli être radicalement opposée...

Si la jeune socialiste n'avait pas été élue, Ada Marra n'excluait pas de se retirer 6 mois dans un couvent. Être sœur, une envie qui l'a tiraillée toute sa vie. « C'est une peur inexpliquée qui m'y a toujours retenue », dit-elle.

Ada Marra a donc la foi. Elle l'a toujours eu « ou plutôt, dès que j'ai eu la conscience. Depuis l'âge de 4 ans, je crois en Dieu. Avec ma foi, ma raison, mon cœur. »
Une foi mystérieuse, comme elle l'appelle. Ses parents, dans la bonne tradition italienne, lui ont bien sûr inculqué des valeurs religieuses, mais eux-mêmes ne sont pas pratiquants. Ada Marra, elle, va à la messe tous les dimanches, au début accompagnée de ses frères, puis très vite, seule. « J'habitais à côté d'une église, c'était facile. Peut-être que si j'avais habité 100 mètres plus loin je n'aurais pas eu le même parcours ! »

Et si aujourd'hui, si elle n'est pas sœur, c'est pour l'amour d'un homme.

LE QUESTIONNAIRE

- Etat civil ?
Célibataire

- Quelles sont les adresses Internet en rapport avec votre activité et l'actualité vous concernant?
L'association « Lire et Écrire » et Le parti Socialiste vaudois.

- Avez-vous un blog sur Internet ?
Oui, adamarra.blogspot.com.

- Quelle est la maxime, la sentence ou quel est le proverbe qui éclaire votre vie ?
La vie c'est une lutte !

- Quel est votre signe astrologique ?
Poisson

- L'adresse de votre « stamm » ?
Le bistro « La Couronne d'Or » à Lausanne.

- Quel lieu privilégiez-vous pour vous ressourcer ?
Les Pouilles en Italie et Hauterive à Fribourg.

- Quelles sont vos lectures(actuelles ou de référence) ?
Les cerfs-volants de Hossein.

- Racontez-nous votre dernier caprice ?
Je n'en fait jamais !

- Quel est votre feuilleton préféré ?
Dr. House.

- Quelle biographie emporteriez-vous en vacances ?
Hillary Clinton, Ségolène Royale

- En quoi croyez-vous ?
En Dieu, en l'amitié entre les personnes, en la vie

- Quelles figures, historiques ou contemporaines, influencent ou éclairent votre vie ?
Mère Teresa, Ghandi et... Pierre-Yves Maillard !

- Lequel des sept péchés vous caractérise le mieux ?
La gourmandise et la paresse.

- Y a-t-il quelque chose dont vous avez à rougir ?
Oui...

- Que voulez-vous faire quand vous serez grand ?
Bonne soeur.