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Le Café philo

Diffusion tous les matins du lundi au vendredi à 6h46, sur La 1ère

Faut-il du courage pour faire de la politique ? Pourquoi faisons-nous des enfants ? L'animal est-il l'égal de l'humain ? L'antidote à la passion de l'argent, est-ce la vertu ou l'amour ?

La philosophie, c'est un instrument de liberté: l'art de s'étonner de la marche du monde. C'est aussi interroger notre société sur ses réussites, ses mutations et ses rêves.

Philosophes, éthiciens ou sociologues vont partager leurs idées avec Manuela Salvi tous les matins du lundi au vendredi à 6h46, sur La 1ère.


  • EN COMPLEMENT

  • A lire

    L'Expérience extrême, Christophe Nick et Michel Eltchaninoff, Don Quichotte éditions, 2010

    La Télécratie contre la démocratie, Bernard Stiegler, Flammarion 2006

    La télé nous rend-elle mauvais?, Philosophie magazine, no37, mars 2010

    A méditer:

    "Si la désobéissance est si faible et si énigmatique, c'est peut-être finalement qu'elle devient l'exception, le hors-norme."
    C.Nick et M.Eltchaninoff

    "C'est une question de vie humaine. Alors, si je suis maître du jeu, j'arrête."
    Maria, 36 ans, documentaliste. S'est arrêtée à 180 volts.

    "De toute façon, moi, j'ai l'habitude d'obéir. J'ai toujours obéi." Philippe, 52 ans, conducteur de métro. Est allé jusqu'à 460 volts, la décharge maximale.

LUNDI  MARDI  MERCREDI 
mercredi, 17 mars 2010 

Dans le "Jeu de la mort", un acteur fait semblant de recevoir des décharges électriques.
Dans le "Jeu de la mort", un acteur fait semblant de recevoir des décharges électriques.
Agrandir l'image Dans le "Jeu de la mort", un acteur fait semblant de recevoir des décharges électriques.   [TSR]

Graine de désobéissance?

Je ne torture pas. Pas question. 20% des faux candidats à un faux jeu télévisé ont affronté l'autorité, ils ont dit non! Force morale? Héros ordinaires? Pourquoi aussi peu de dissidents alors que l'air de la liberté est entonné partout? Libre de choisir son partenaire, de voter, de consommer, d'inventer sa vie: cruelle désillusion! Ou désillusion nécessaire?

En effet, nous croire libres avec des valeurs ne suffit pas pour désobéir. L'expérience de la Zone Xtrême l'a clairement démontré. 80% des faux candidats souffrent, hésitent, confrontent l'autorité, mais assument jusqu'au bout leur contrat moral, jusqu'à 460 volts. Jusqu'à la mort! Le contrôle, les injonctions sapent nos convictions morales.

Certes, nous ne vivons plus sous l'emprise d'un système totalitaire, mais d'autres emprises s'installent. Plus insidieuse ? Que nous disent les désobéissants? Que la liberté est un exercice fragile, mais possible. Que les actes de courage isolé doivent apparaître au grand jour. Qu'il suffit, comme le souligne Michel Eltchaninoff, "de savoir que c'est possible pour que l'esprit de liberté puisse souffler de manière plus large".

Invité: Michel Eltchaninoff, philosophe, membre de la rédaction de philosophie magazine

Jusqu'où la télé peut-elle aller ? Jusqu'où la téléréalité peut-elle abuser de son pouvoir ? Après la souffrance, l'humiliation, la honte et l'élimination du maillon faible, la mort en direct ? Dans un documentaire qui fera date, le documentariste français Christophe Nick s'est entouré d'une équipe de neufs chercheurs "pour mesurer la capacité de la télévision à modeler des êtres ordinaires".

Le faux jeu télévisé imaginé pour l'expérience démontre que tout est possible, jusqu'à la soumission à des règles absurdes en conflit avec ses propres valeurs. Que beaucoup sont prêts à tout pour la télévision. Y compris électrocuter son partenaire de jeu lorsqu'il se trompe! 81% des participants-cobayes, encouragé par une belle animatrice, ont administré la décharge maximale: 460 volts!

La télévision incarne-t-elle un nouveau type d'autorité ? Sommes-nous de plus obéissants ? Ou la télévision a-t-elle banalisé la violence ? Réveillé nos pulsions pour faire de nous des citoyens-zombies en quête de sécurité ?

Biographie

La mèche rebelle et l'œil pétillant, Michel Eltchaninoff se délecte à dresser le portrait de la société contemporaine - nos tics, nos narcissismes et nos frustrations passés au tamis de la philosophie pour mieux comprendre les mutations qui nous agitent. C'est un regard étonné et pertinent sur le monde que nous livre ce normalien, agrégé de philosophie. Son parcours étonne aussi. Né à Paris en 1969, Michel Eltchaninoff regarde également vers l'Est. Au début des années 90, années charnières pour l'empire soviétique, ce petit-fils d'immigrés russes s'installe à Moscou. Il reprend contact avec son histoire, ses racines. Mais surtout avec la langue russe, la langue de Dostoïevski.

Il se passionne alors pour ses personnages épris de liberté et fascinés par le mal. Le romancier russe va d'ailleurs inspirer sa thèse. Avant son engagement à Philosophie Magazine, où il travaille depuis trois ans, Michel Eltchaninoff a partagé son savoir philosophique avec ses étudiants à l'Université de Dijon, à la Sorbonne (Paris) et dans un lycée. Son ambition: leur permettre, "grâce aux merveilleux outils de la philosophie", de décrypter le monde, de s'y orienter avec une pensée plus libre - Histoire de déjouer toute prise de pouvoir... Il se moque d'ailleurs de la pseudo-philosophie servie dans les dîners de snobs. Ses ouvrages de vulgarisation, Les Insupportables (Seuil) ou Manuel de survie dans les dîners en ville (Seuil), Michel Eltchaninoff, avec son comparse Sven Ortoli, joue la carte de l'humour. Une manière avoue-t-il, "de conquérir sa liberté et de survivre à la gravité des temps." Son dernier pari? Lire des textes d'Aristote à des traders!



  • EN COMPLEMENT

  • Ecouter l'émission [03:38 min.]
  • A lire

    L'Expérience extrême, Christophe Nick et Michel Eltchaninoff, Don Quichotte éditions, 2010

    La Télécratie contre la démocratie, Bernard Stiegler, Flammarion 2006

    La télé nous rend-elle mauvais?, Philosophie magazine, no37, mars 2010

    A méditer:

    "Si la désobéissance est si faible et si énigmatique, c'est peut-être finalement qu'elle devient l'exception, le hors-norme."
    C.Nick et M.Eltchaninoff

    "C'est une question de vie humaine. Alors, si je suis maître du jeu, j'arrête."
    Maria, 36 ans, documentaliste. S'est arrêtée à 180 volts.

    "De toute façon, moi, j'ai l'habitude d'obéir. J'ai toujours obéi." Philippe, 52 ans, conducteur de métro. Est allé jusqu'à 460 volts, la décharge maximale.

LUNDI  MARDI  MERCREDI 
mardi, 16 mars 2010 

Quel comportement adopter lorsque les caméras sont allumées?
Quel comportement adopter lorsque les caméras sont allumées?
Agrandir l'image Quel comportement adopter lorsque les caméras sont allumées?   [Reuters]

Sommes-nous tous soumis?

Depuis 20 ans, la télévision encourage le déchaînement des pulsions. Aurait-elle le pouvoir de nous transformer en bourreau? Prêts à tout pour un jeu de téléréalité, La Zone Xtrême? Tous soumis? Pourquoi est-il si difficile de résister, de désobéir?

Réponse de la psychologie sociale: la soumission librement consentie, grâce à des techniques de manipulation bien rodées. Par exemple, l'amorçage qui vise à obtenir le consentement d'un sujet par des actions apparemment anodines. A chaque étape, il s'engage. Ainsi amorcé, le candidat devra déployer beaucoup d'énergie et de courage pour casser le contrat, pour se retirer! Certes, les lumières, les caméras, l'animatrice inflexible, le public chauffé à blanc peuvent constituer des circonstances atténuantes.

Reste cette question, troublante, pourquoi la télévision est-elle aussi efficace? Est-elle devenue une autorité légitime au même titre que la science, l'état ou la médecine? Sommes-nous tous hypnotisés par la normalité que la téléréalité prétend montrer? Un norme qui dérive vers l'humiliation, la violence et l'exhibition?

Invité: Michel Eltchaninoff, philosophe, membre de la rédaction de philosophie magazine

Jusqu'où la télé peut-elle aller ? Jusqu'où la téléréalité peut-elle abuser de son pouvoir ? Après la souffrance, l'humiliation, la honte et l'élimination du maillon faible, la mort en direct ? Dans un documentaire qui fera date, le documentariste français Christophe Nick s'est entouré d'une équipe de neufs chercheurs "pour mesurer la capacité de la télévision à modeler des êtres ordinaires".

Le faux jeu télévisé imaginé pour l'expérience démontre que tout est possible, jusqu'à la soumission à des règles absurdes en conflit avec ses propres valeurs. Que beaucoup sont prêts à tout pour la télévision. Y compris électrocuter son partenaire de jeu lorsqu'il se trompe! 81% des participants-cobayes, encouragé par une belle animatrice, ont administré la décharge maximale: 460 volts!

La télévision incarne-t-elle un nouveau type d'autorité ? Sommes-nous de plus obéissants ? Ou la télévision a-t-elle banalisé la violence ? Réveillé nos pulsions pour faire de nous des citoyens-zombies en quête de sécurité ?

Biographie

La mèche rebelle et l'œil pétillant, Michel Eltchaninoff se délecte à dresser le portrait de la société contemporaine - nos tics, nos narcissismes et nos frustrations passés au tamis de la philosophie pour mieux comprendre les mutations qui nous agitent. C'est un regard étonné et pertinent sur le monde que nous livre ce normalien, agrégé de philosophie. Son parcours étonne aussi. Né à Paris en 1969, Michel Eltchaninoff regarde également vers l'Est. Au début des années 90, années charnières pour l'empire soviétique, ce petit-fils d'immigrés russes s'installe à Moscou. Il reprend contact avec son histoire, ses racines. Mais surtout avec la langue russe, la langue de Dostoïevski.

Il se passionne alors pour ses personnages épris de liberté et fascinés par le mal. Le romancier russe va d'ailleurs inspirer sa thèse. Avant son engagement à Philosophie Magazine, où il travaille depuis trois ans, Michel Eltchaninoff a partagé son savoir philosophique avec ses étudiants à l'Université de Dijon, à la Sorbonne (Paris) et dans un lycée. Son ambition: leur permettre, "grâce aux merveilleux outils de la philosophie", de décrypter le monde, de s'y orienter avec une pensée plus libre - Histoire de déjouer toute prise de pouvoir... Il se moque d'ailleurs de la pseudo-philosophie servie dans les dîners de snobs. Ses ouvrages de vulgarisation, Les Insupportables (Seuil) ou Manuel de survie dans les dîners en ville (Seuil), Michel Eltchaninoff, avec son comparse Sven Ortoli, joue la carte de l'humour. Une manière avoue-t-il, "de conquérir sa liberté et de survivre à la gravité des temps." Son dernier pari? Lire des textes d'Aristote à des traders!



  • EN COMPLEMENT

  • Ecouter l'émission [03:26 min.]
  • A lire

    L'Expérience extrême, Christophe Nick et Michel Eltchaninoff, Don Quichotte éditions, 2010

    La Télécratie contre la démocratie, Bernard Stiegler, Flammarion 2006

    La télé nous rend-elle mauvais?, Philosophie magazine, no37, mars 2010

    A méditer:

    "Si la désobéissance est si faible et si énigmatique, c'est peut-être finalement qu'elle devient l'exception, le hors-norme."
    C.Nick et M.Eltchaninoff

    "C'est une question de vie humaine. Alors, si je suis maître du jeu, j'arrête."
    Maria, 36 ans, documentaliste. S'est arrêtée à 180 volts.

    "De toute façon, moi, j'ai l'habitude d'obéir. J'ai toujours obéi." Philippe, 52 ans, conducteur de métro. Est allé jusqu'à 460 volts, la décharge maximale.

LUNDI  MARDI  MERCREDI 
lundi, 15 mars 2010 

Michel Eltchaninoff.
Michel Eltchaninoff.
Agrandir l'image Michel Eltchaninoff.   [© sophie daret]

La télévision nous rend-elle plus cruels?

460 volts pour participer au pilote d'un jeu télévisé! Tous sadiques ? C'est la première réaction en regardant ces faux candidats à un faux jeu télévisé. Trop simple pourtant de croire que les monstres se sont eux. Trop simple et trop confortable. Alors ?

Depuis les années 2000, la téléréalité joue sur nos pulsions tout en incarnant une nouvelle autorité. Question: après la banalisation de la violence, quand la télévision va-t-elle briser le tabou de la mort en direct ? Certains jeux s'en approchent. Anatomy for beginners dissèque de vrais cadavres à l'écran.

Dans Fear Factor, des candidats s'allongent dans un faux cercueil remplis de larves. Non seulement la télévision banalise la violence, mais elle désacralise la mort. Ella la "désymbolise" pour en faire un spectacle excitant. La télévision est-elle en train de détruire, de défaire le long processus de civilisation ? Est-ce cela qui peut nous rendre mauvais ?

Invité: Michel Eltchaninoff, philosophe, membre de la rédaction de philosophie magazine

Jusqu'où la télé peut-elle aller ? Jusqu'où la téléréalité peut-elle abuser de son pouvoir ? Après la souffrance, l'humiliation, la honte et l'élimination du maillon faible, la mort en direct ? Dans un documentaire qui fera date, le documentariste français Christophe Nick s'est entouré d'une équipe de neufs chercheurs "pour mesurer la capacité de la télévision à modeler des êtres ordinaires".

Le faux jeu télévisé imaginé pour l'expérience démontre que tout est possible, jusqu'à la soumission à des règles absurdes en conflit avec ses propres valeurs. Que beaucoup sont prêts à tout pour la télévision. Y compris électrocuter son partenaire de jeu lorsqu'il se trompe! 81% des participants-cobayes, encouragé par une belle animatrice, ont administré la décharge maximale: 460 volts!

La télévision incarne-t-elle un nouveau type d'autorité ? Sommes-nous de plus obéissants ? Ou la télévision a-t-elle banalisé la violence ? Réveillé nos pulsions pour faire de nous des citoyens-zombies en quête de sécurité ?

Biographie

La mèche rebelle et l'œil pétillant, Michel Eltchaninoff se délecte à dresser le portrait de la société contemporaine - nos tics, nos narcissismes et nos frustrations passés au tamis de la philosophie pour mieux comprendre les mutations qui nous agitent. C'est un regard étonné et pertinent sur le monde que nous livre ce normalien, agrégé de philosophie. Son parcours étonne aussi. Né à Paris en 1969, Michel Eltchaninoff regarde également vers l'Est. Au début des années 90, années charnières pour l'empire soviétique, ce petit-fils d'immigrés russes s'installe à Moscou. Il reprend contact avec son histoire, ses racines. Mais surtout avec la langue russe, la langue de Dostoïevski.

Il se passionne alors pour ses personnages épris de liberté et fascinés par le mal. Le romancier russe va d'ailleurs inspirer sa thèse. Avant son engagement à Philosophie Magazine, où il travaille depuis trois ans, Michel Eltchaninoff a partagé son savoir philosophique avec ses étudiants à l'Université de Dijon, à la Sorbonne (Paris) et dans un lycée. Son ambition: leur permettre, "grâce aux merveilleux outils de la philosophie", de décrypter le monde, de s'y orienter avec une pensée plus libre - Histoire de déjouer toute prise de pouvoir... Il se moque d'ailleurs de la pseudo-philosophie servie dans les dîners de snobs. Ses ouvrages de vulgarisation, Les Insupportables (Seuil) ou Manuel de survie dans les dîners en ville (Seuil), Michel Eltchaninoff, avec son comparse Sven Ortoli, joue la carte de l'humour. Une manière avoue-t-il, "de conquérir sa liberté et de survivre à la gravité des temps." Son dernier pari? Lire des textes d'Aristote à des traders!