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La lutte politique pour la légalisation de l'avortement a débuté en 1971 en Suisse, avec le lancement d'une première initiative populaire.
[Keystone] |
"J'ai avorté"
À l'heure où l'Espagne vient d'adopter définitivement une loi qui autorise les femmes à décider librement, et dans un délai de 14 semaines d'aménorrhée, d'interrompre leur grossesse, le débat sur ce libre choix ressurgit dans plusieurs pays, dont la Suisse.
Un reportage de Magali Philip, réalisé par Christophe Esseiva.
Un comité constitué de politiciens avec le soutien de l'association antiavortement "Mamma" a en effet annoncé, au début de l'année, le lancement d'une initiative intitulée "Financer l'avortement est une affaire privée".
Ce comité souhaite que les interruptions de grossesse ne soient plus remboursées dans le cadre de l'assurance maladie de base, mais qu'elles dépendent des assurances complémentaires. Outre les arguments de réduction des coûts de l'assurance maladies mis avant, les initiants estiment que "personne ne doit être tenu de financer avec ses primes les avortements d'autrui".
Un discours qualifié d'insidieux, de dangereux même par les gynécologues, les médecins et autres professionnels de la santé qui voient clairement dans cette initiative une remise en cause du droit des femmes à interrompre leur grossesse.
Un combat de 30 ans
Le droit à l'IVG a été acquis en 2002, avec l'acceptation en votation populaire du régime du délai, soit la liberté accordée aux femmes d'interrompre ou non jusqu'à 12 semaines une grossesse non désirée.
Actuellement, avec un taux de 6,5‰ femmes de 15-44 ans, la Suisse est l'un des pays qui pratiquent le moins d'interruptions de grossesse. Le taux pour 100 naissances se situe à 13,5, soit moins d'une grossesse sur 8 qui est interrompue aujourd'hui, alors que cette proportion était estimée à 1 sur 3 dans les années 60.
"Quinze minutes" est allée à la rencontre des femmes: celles qui se sont battues pour que l'avortement ne soit plus un crime en Suisse (un combat de plus de 30 ans depuis le projet d'une première initiative en 1971) et celles qui aujourd'hui ont le choix de mener ou non à terme leur grossesse.
Son reportage vous emmènera du parking d'une maternité à la cuisine crasseuse d'une faiseuse d'ange, en passant par le cabinet d'un gynécologue et du bureau d'un conseiller en santé sexuelle au salon d'une militante de la première heure.