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Dernière mise à jour : 26 juillet 2008 à 08:02

Roland Nef a présenté sa démission à Samuel Schmid. Roland Nef a présenté sa démission à Samuel Schmid.   [Keystone]

Roland Nef s'en va, Samuel Schmid respire

Le chef de l'armée Roland Nef, sous pression, a décidé vendredi de démissionner. La commission de la politique de sécurité du National réclame elle un examen du DDPS. Mais sans exiger la tête de Samuel Schmid.

Des premières discussions ont déjà eu lieu en vue du départ du chef de l'armée, ont indiqué vendredi ses avocats. Le conseiller fédéral Samuel Schmid dit avoir pris connaissance de la proposition de Roland Nef.

Le Conseil fédéral la traitera lors d'une prochaine séance et réglera les détails de la question, précise le Département fédéral de la défense (DDPS) dans un communiqué.

Erreurs reconnues

Selon ses avocats, Roland Nef regrette que les accusations à son encontre aient rendu impossible de mener ses fonctions militaires. Il reconnaît avoir commis des erreurs lorsqu'il s'est séparé de son ex-compagne. Mais lorsqu'il a été nommé chef de l'armée, il n'était pas prévisible que cette «affaire personnelle» soit rendue publique. Les partis se disent non surpris et satisfaits de sa décision (voir ci-contre).

L'Appenzellois regrette également que l'affaire se retourne contre Samuel Schmid. De son côté, Samuel Schmid regrette qu'au vu de la situation, la proposition de cessation des rapports de travail se soit apparemment avérée inévitable. Il prend acte des regrets de Roland Nef que des reproches aient été adressés au chef du DDPS.

Le ministre de la Défense avait suspendu lundi le chef de l'armée en lui demandant d'apporter jusqu'au 20 août les preuves le disculpant des accusations faites par la presse à son encontre. Jusqu'à la décision du Conseil fédéral, le divisionnaire André Blattmann continuera d'assumer ad interim la conduite de l'armée.

Successeur «crédible»

Les représentants des partis politiques attendent du gouvernement qu'il trouve rapidement un nouveau chef de l'armée à la hauteur de la tâche. La procédure de nomination devra être cette fois suivie soigneusement, souligne le PRD.

La Société suisse des officiers (SSO) «invite aussi fermement le Conseil fédéral à appliquer un processus de sélection à la hauteur des exigences» de ce poste. Elle ne s'exprime en revanche pas sur le nom du successeur de Roland Nef. Le PS exige surtout du successeur qu'il continue la modernisation de l'armée. Les Femmes socialistes veulent pour leur part la nomination d'une cheffe à la tête de l'armée.

Il reviendra au Conseil fédéral de trancher sur les indemnités à verser à Roland Nef. Si les deux parties y mettent fin d'un commun accord - ce que demande l'Appenzellois - le gouvernement définit alors l'indemnité de départ éventuellement accordée, soit entre 1 et 12 mois de salaire. Le poste de chef de l'armée appartient à la classe de salaire 38, soit 300'000 francs par an.

Rappel des faits reprochés

Dimanche dernier, la SonntagsZeitung publiait des extraits d'un procès-verbal de la police municipale zurichoise daté du 27 septembre 2006.

Roland Nef paie pour son comportement envers son ex-amie.
Roland Nef paie pour son comportement envers son ex-amie.
Agrandir l'image Roland Nef paie pour son comportement envers son ex-amie.   [Keystone]

Selon ce document, l'ex-compagne de Roland Nef lui reproche d'avoir répondu par courriel en son nom à elle à des petites annonces de sexe. Il a ainsi donné une photo d'elle, son adresse privée, son numéro de téléphone fixe et celui de son portable.

Lundi, Samuel Schmid avait demandé à Roland Nef de démontrer que les reproches qui lui sont faits sont infondés et qu'il est toujours digne de la confiance placée en lui.

ats/mej/cht/bri