Le trafic venant d'Allemagne portait essentiellement sur le GBL. Dans l'organisme, cette substance se transforme automatiquement en GHB, appelée "drogue du violeur". Certains locaux perquisitionnés ont vraisemblablement abrité des laboratoires servant à produire des stupéfiants issus de synthèse chimique.
Les personnes impliquées sont soupçonnées de consommation et de trafic de gammabutyrolactone (GBL), substance plus connue sous le nom de "gouttes KO". En Suisse romande, seules les polices fribourgeoises et valaisannes ont participé à l'opération. C'est la police criminelle allemande qui a coordonné l'opération dans les trois pays concernés. Le trafic a été démantelé grâce aux enquêtes menées depuis plusieurs mois dans les Länder de Bavière et de Basse-Saxe.
Vente d'amphétamines sur internet
Deux commerçants de produits chimiques sont soupçonnés d'avoir vendu sur internet des substances pour la fabrication d'amphétamines et d'autres drogues synthétiques, a précisé la police criminelle du Land de Bavière. Une des enquêtes porte également sur la vente de produits chimiques destinés à la fabrication d'explosifs, selon Ludwig Waldinger, son porte-parole.
Les deux commerçants ont vendu d'importantes quantités de GBL, un solvant-décapant pour peintures, qui se transforme en hydroxy-4-butyrate de sodium (GHB) dans l'organisme humain. La "drogue du violeur" peut provoquer une forte dépendance et se trouve à l'origine de plusieurs décès en Allemagne. Elle se traduit par un état d'euphorie et conduit à la perte de conscience.
Les personnes et les entreprises visées ne sont pas nécessairement en relation les unes avec les autres, a relevé Guido Balmer, porte-parole de l'Office fédéral de la police (OFP). En effet, l'opération n'était pas dirigée contre un "réseau de trafiquants" à proprement parler. Pas moins de 600 appartements et locaux commerciaux ont été perquisitionnés seulement en Allemagne. L'OFP n'a pas encore dressé de bilan de l'opération.
Un seul fabricant en Allemagne
En Allemagne, seul le groupe chimique BASF fabrique le solvant GBL et le vend comme composant de produits de nettoyage. Un litre de GBL suffit pour de grandes quantités de produits de nettoyage, a relevé Ludwig Waldinger. Chez les toxicomanes, la dose journalière est de l'ordre de 3 millilitres. Afin d'éviter des abus, BASF livre aux autorités les noms des acheteurs privés.
Plusieurs laboratoires ont été découverts en Allemagne. Dans un cas, les policiers ont dû utiliser un camion pour enlever les produits chimiques saisis, a expliqué Ludwig Waldinger. Seules trois perquisitions ont eu lieu en Autriche. Un petit "laboratoire de cuisine" a été découvert en Styrie au sud-est du pays.
agences/hoj